Dans la prochaine Lettre…

La face noire du libéral

par Laurence PLATEL

L’idée de ce dossier s’est imposée au vu des nombreux témoignages de sages-femmes en difficulté dans leur exercice libéral. Que ce soit lors de nos colloques et assemblées générales, d’autres rencontres plus ou moins formelles, mais aussi sur les réseaux sociaux ou par des messages directement adressé à l’ANSFL, les sages-femmes manifestent leur découragement et leur démotivation. La désillusion est réelle et certaines situations se révèlent plus que périlleuses. Nous assistons à la fermeture de cabinets, à des changements de voies professionnelles.
Le phénomène  a semblé s’amplifier ces derniers mois. Mais sans données précises, il est difficile de savoir si ce sentiment vient d’une libération de la parole des sages-femmes, de la caisse de résonance que sont les réseaux sociaux ou d’une réalité de terrain.

Il devenait essentiel de quantifier et analyser ces difficultés.
Nous avons lancé le questionnaire le 1er aout. Nous avons obtenu 738 réponses, soit 13.3 %  des 5546 sages-femmes en exercice libéral (données CARCDSF 2016). Cette proportion est déjà en soit la démonstration d’un mal-être. Cette enquête était attendue, nécessaire.

Les données recueillies permettent de dessiner un paysage relativement précis de l’exercice libéral. Place contrastée des sages-femmes dans les soins de ville, relations plus ou moins fluides avec les établissements et les autres professionnels de santé,  compétences méconnues, parfois déniées ou que l’on nous pousse au contraire à dépasser, revenus horaires variables mais globalement faibles, petites et grandes contrariétés…

Nous allons nous appuyer sur cette analyse de tous les aspects de nos conditions d’exercice pour argumenter les nécessaires évolutions  et adaptations auprès de nos interlocuteurs institutionnels.
Nous avions d’ailleurs communiqué quelques premiers résultats aux deux syndicats pour le début des négociations conventionnelles, le 7 septembre dernier.

Vous trouverez dans ce dossier le témoignage de sages-femmes salariées. Il nous semblait important de leur donner la parole parce que les difficultés des sages-femmes en institution méritent aussi notre attention, et parce qu’elles retentissent inévitablement sur l’exercice libéral.

Enfin, vous constaterez que cette analyse de la face noire de l’exercice libéral est parfois optimiste. Nous avons aussi quelques belles surprises qui montrent qu’au-delà des aléas divers, nous sommes nombreuses à aimer notre métier et à y trouver de réelles satisfactions.

Quant à la lecture des galères, si elle est délétère pour le moral, elle va nous permettre de réfléchir collectivement aux réponses que nous pouvons y apporter, aux évolutions  des textes que nous devons défendre.
Ensemble on va plus loin…!