La Lettre Automne 2016 – “Résistances”

Édito

Chères adhérentes, chers adhérents,

Le Numérus Clausus : la réalité des chiffres a parlé.

L’ANSFL est l’une des seules associations à se positionner pour la baisse du Numérus Clausus, cette décision n’a pas été prise à la légère, la discussion a été animée et le vote a tranché.

La profession a évolué, les sages-femmes ont su prendre le virage amorcé il y a quelques années. Elles se sont engagées pleinement vers l’exercice libéral et occupent de plus en plus le terrain de la périnatalité et de la vie génésique des femmes. Nous nous réjouissons de cet envol et nous n’avons pas l’intention de l’arrêter bien au contraire. Mais nous sommes conscientes de la réalité du terrain : dans certaines régions, les sages-femmes libérales sont surbookées, dans d’autres les cabinets ferment et les sages-femmes changent d’orientation professionnelle. Dans les structures, nos consœurs croulent sous le travail mais ne trouvent que des emplois précaires. Les chiffres donnés par les études prévisionnelles sur la profession menées par l’ONDPS et le CNOSF sont alarmants.

Même si nous défendons le « one to one, une femme, une sage-femme », même s’il est déchirant de prendre la décision de baisser le numérus clausus au moment où nos champs de compétences et notre visibilité dans le système de soin augmentent. Nous avons choisi d’écouter les chiffres et non notre cœur. En ce sens, nous soutenons la décision du CNOSF qui proposera la baisse du NC au ministère en octobre. (En sachant que le NC des sages-femmes est revu tous les ans.)

Un autre sujet important est le problème des assurances. Comme vous le savez, nous avons rompu notre partenariat avec l’AIAS par solidarité pour les sages-femmes pratiquant l’AAD. Nous avons cherché d’autres coopérations possibles afin de négocier des tarifs d’assurances responsabilité civile et protection juridique intéressants. Avant de nous engager, nous avons demandé à une avocate d’étudier les clauses des contrats proposés. Début septembre nous avons reçu les résultats de son analyse : les conventions d’assurances ne sont pas assez claires. Garantir des contrats solides et compétitifs à nos adhérent(e)s nécessiterait d’entreprendre des démarches importantes et coûteuses. À ce jour, nous ne pouvons pas orienter les adhérent(e)s vers un assureur particulier. En ce qui concerne l’AAD, l’ANSFL poursuit les démarches en cours.

Enfin, pour continuer sur le registre des partenariats, grâce à votre mobilisation, le premier article sur les sages-femmes a été publié dans la revue femmes ici et ailleurs de cet automne, et nous espérons bientôt mettre en place notre collaboration avec l’association « naître en rose » de Linda Takou dont vous avez pu apprécier l’énergie et la jovialité lors de notre AG à Grenoble.

Bien d’autres chantiers sont en cours, vous pouvez suivre leurs évolutions sur notre nouveau site et sur Facebook grâce à Marie Cécile et Laurence qui assurent l’information presque en live !

En vous souhaitant un bel automne.

— Madeleine Moyroud

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Vous trouverez sur le site une publication de ressources complémentaires à l’article de La Lettre “Résistons au surdiagnostic !”

Document
La Lettre #112 Automne 2016 – “Résistances”
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