Mais de quoi les gynécologues ont-ils peur ?

Les associations et syndicats de gynécologues viennent de signer une charge féroce contre les sages-femmes et les dernières mesures mises en œuvre par la Loi de modernisation du système de santé.

L’Association Nationale des Sages-Femmes Libérales salue l’initiative d’un gouvernement qui a su se mettre à l’écoute des femmes et leur permettre un meilleur accès aux soins.

La réaction de nos confrères et consœurs gynécologues relève d’un corporatisme d’un autre âge.

Si le domaine d’élection des sages-femmes est bien celui de la physiologie et de la prévention, elles sont également compétentes dans le dépistage de la pathologie. Les patientes sont alors réorientées vers un médecin, généraliste ou spécialiste.

Rappelons à nos confrères gynécologues que les sages-femmes sont responsables de leurs actes.
Aucun médecin n’a jamais été condamné à la place d’une sage-femme !

Lors du congrès international des sages-femmes à Prague en juin 2014, le représentant de la Fédération internationale des gynéco-obstétriciens a évoqué l’exemple de la Suède, pays où les politiques ont choisi de confier la périnatalité aux sages-femmes. Il a rappelé que la Suède est au 4ème rang mondial du risque fœto-maternel : « Ce choix n’a pas été fait parce qu’il est le plus économique, mais parce qu’il est le meilleur ».

Nos professions ont chacune leur spécificité mais elles doivent œuvrer ensemble pour la santé des femmes.
Les représentants des gynécologues français sauront-ils un jour oublier les querelles de territoires pour se concentrer sur un essentiel qui devrait être commun : la qualité de nos prises en charge ?