Hommage à Gisèle Halimi

Gisèle Halimi est décédée mardi 28 juillet, au lendemain de ses 93 ans. Née en Tunisie dans une famille pauvre, elle s’est construite dans la résistance à l’injustice et à toute forme d’oppression.

Devenue avocate en 1950, elle commence à exercer dans les tribunaux militaires en Tunisie et plaidera toute sa vie en faveur des libertés humaines. Elle s’engage de façon exemplaire pour la cause des femmes et contre le colonialisme. Son combat est politique ; il lui tient à cœur de faire avancer la législation lorsque celle-ci n’est pas en faveur des libertés humaines. Elle participe à la dénonciation de la torture utilisée par l’armée Française pendant la guerre d’Algérie à travers le procès El Halila en 1955 et s’engagera dans la lutte contre le viol et les violences faites aux femmes.

Le célèbre procès de Bobigny en 1972 permettra une avancée considérable pour le droit des femmes à disposer de leur corps et sera à l’origine de la dépénalisation de l’avortement ; Gisèle Halimi sera également signataire du Manifeste des 343 , appelant à la légalisation de l’IVG.

«  Être avocate pour moi, c’était le moyen de tenter de changer ce que je n’aimais pas dans ce monde : l’injustice, le rapport de force, le mépris des humbles », disait-elle.

En tant que sages-femmes, soyons dignes d’elle en luttant à notre niveau pour les libertés des femmes et des familles dans l’accès au soin et à la tolérance.

Espérons que notre pays saura lui rendre l’hommage qu’elle mérite et lui accordera de rejoindre Simone Veil au Panthéon…là où il y a encore si peu de femmes !