Lettre ouverte à Madame Buzyn, ministre de la Santé,

Vous avez récemment annoncé la création d’un « engagement maternité » afin de répondre à l’inquiétude grandissante des femmes résidant à plus de 30 minutes d’une maternité.
Outre la prise en charge des transports et la proposition d’hébergement hôtelier à proximité de l’établissement quelques jours avant le terme, vous annoncez vouloir « donner aux sages-femmes un rôle de premier plan dans la prise en charge dans l’accompagnement des femmes enceintes qui vivent loin d’une maternité ».

Vous évoquez de possibles consultations à domiciles, la formation par une sage-femme libérale des professionnels du SAMU et la mise en place d’une permanence 24h/24 afin de pouvoir accompagner les femmes lors de leur transport.

Tous ces futurs chantiers concernent en premier lieu les sages-femmes libérales dont vous avez souligné le maillage territorial satisfaisant.
Si nous sommes comme vous soucieuses du devenir des femmes enceintes vivant à distance d’une maternité, nous concevons difficilement la mise en place de permanences dans des territoires forcément ruraux, où l’exercice libéral se confronte par ailleurs à une faible demande de soins.

Cette nouvelle organisation envisagée nécessite d’inventer une autre manière d’exercer notre profession et de nouveaux modes de rémunération.

Par ailleurs, il semble paradoxal que les pouvoirs publics ne soutiennent pas l’accouchement à domicile programmé accompagné par une sage-femme mais envisagent que ces mêmes sages-femmes puissent assurer des accouchements « inopinés » dans des conditions de sécurité bien moindre et pour lesquels les facteurs de risque n’auront préalablement pas été appréciés.

C’est pour construire ensemble une démarche commune répondant aux besoins exprimés des femmes et sécurisant leur parcours, que nous souhaitons vous rencontrer.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à nos demandes, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, l’expression de nos salutations les plus respectueuses.

 

Isabelle FOURNIER, présidente de l’ANSFL