Non, nos grands-mères n’ont pas toutes voté à 18 ans, ni eu la possibilité d’ouvrir un compte bancaire à leur nom dans leur jeunesse. Les grossesses arrivaient, non prévues pour certaines, entraînant une vie de service familial pas forcément choisie, l’interruption de grossesse impensable ou réservée aux plus riches et éduquées…
Tout cela n’est pas si loin, les femmes ont de tout temps cherché à se libérer du joug marital et sociétal les enfermant dans un rôle qu’elles n’avaient ni pensé ni choisi. Certaines ont été brûlées il y a quelques siècles, d’autres enfermées dans des hospices ou des couvents, car leur désir de liberté dérangeait…
Depuis 1977, l'Organisation des Nations Unies (ONU) célèbre le 8 mars une Journée internationale des droits des femmes.
À cette occasion, l’ANSFL se joint aux associations et organisations de défense des droits des femmes pour rappeler que ces droits, même s’ils avancent dans les pays occidentaux, restent fragiles et que les sages-femmes ont un rôle majeur à jouer pour les défendre.
Revenons à l’origine de cette journée : en 1910, une militante socialiste et féministe allemande Clara Zetkin revendique le droit de vote pour les femmes et émet l’idée d’une journée consacrée aux droits des femmes, lors d’une réunion de l’internationale socialiste des femmes à Copenhague.
Puis, des femmes russes manifestent à Petrograd en 1913 pour la journée internationale des ouvrières. Le 8 mars coïncide avec le début de la révolution russe de 1917.
Ce 8 mars va prendre de l’ampleur et devenir le symbole du combat pour la libération des femmes. En 1977, l’ONU officialise la date et appelle tous les États membres à instaurer, le 8 mars, la « Journée internationale des femmes ». En France, c’est François Mitterrand qui proclamera, en 1982, la journée des femmes suite aux revendications du mouvement de libération des femmes (MLF).
Et oui, la plupart des droits de la moitié de la population française a moins de 100 ans…
Petit récap en dates
- 1924 : baccalauréat identique pour les filles et les garçons
- 1927 : égalité des salaires entre professeurs femmes et hommes
- 1944 : droit de vote pour les femmes.
- 1965 : droit d’ouvrir un compte bancaire
- 1967 : légalisation de la contraception (loi Neuwirth)
- 1974 : Dépénalisation de l’IVG (Loi Veil) ; première femme candidate aux élections présidentielles
- 1981 : création du ministère du droit des femmes
- 1984 : égalité des hommes et des femmes dans le droit du travail
- 2000 : parité politique
Parallèlement, les compétences des sages-femmes ont elles aussi progressé, faisant de notre profession un partenaire incontournable pour la santé des femmes à tous les âges de leur vie.
Reprenons les avancées des 20 dernières années
- 2004 : prescription hormonale en post-natal ou post IVG
- 2005/2016 : vaccination des nouveau-nés et des femmes enceintes
- 2007 : entretien prénatal précoce
- 2009 : loi HPST : suivi gynécologique et contraceptif tout au long de la vie des femmes (DIU, échographies gynécologiques)
- 2012 : participation aux activités de PMA
- 2016 : IVG Médicamenteuses
- 2020 : maisons de naissance sous la responsabilité médicale des sages-femmes, expérimentation des IVG instrumentales
- 2022 : traitements des cystites hors grossesse, dépistage et traitement des IST pour les femmes et leurs partenaires, prescription et administration vaccinales à l’entourage des femmes enceintes.
Cette petite liste n’est pas exhaustive, vous pouvez retrouver toutes les informations en cliquant ici.
Alors, nous, sages-femmes : continuons à être parties prenantes des droits des femmes, quels que soient nos modes d’exercice !
Engageons-nous pour que ces droits puissent perdurer et avancer quelques soient les situations politiques et n’oublions pas que rien n’est jamais complètement acquis, alors soyons vigilantes !
Image par Gerd Altmann de Pixabay